Marché des Actions
Les marchés boursiers ont fortement rebondi au deuxième trimestre de 2026, avec des gains généralisés dans les principales régions après un début d’année plus inégal. Le sentiment des investisseurs s’est amélioré alors que l’activité économique et les bénéfices des entreprises sont demeurés résilients, soutenus en partie par l’enthousiasme persistant envers la technologie et l’intelligence artificielle.
Les actions canadiennes ont progressé de 7,0 %, tandis que les actions américaines ont affiché un rendement particulièrement solide de 17,1 % en dollars canadiens, récupérant les pertes du premier trimestre. Aux États-Unis, le leadership du marché s’est de nouveau concentré dans un groupe restreint de grandes sociétés de croissance et de titres liés à la technologie. Les actions internationales ont aussi bien fait, avec un gain de 12,0 %, soutenues par un meilleur appétit pour le risque et des valorisations relatives attrayantes.
Malgré ces bons rendements, le contexte demeure plus complexe qu’il n’y paraît. L’inflation continue d’évoluer de façon irrégulière, et les perspectives de taux d’intérêt sont devenues moins claires. Les banques centrales doivent encore trouver un équilibre entre une croissance économique résiliente, de nouveaux risques inflationnistes et un environnement géopolitique toujours incertain.
Actions canadiennes
Au Canada, l’indice S&P/TSX a progressé de 7,0 % au deuxième trimestre. Le rendement a toutefois été largement concentré dans les services financiers, qui ont généré à eux seuls plus que la totalité du rendement de l’indice. Le secteur représente environ le tiers de l’indice, et les banques canadiennes ont avancé de plus de 30 % sur trois mois. Même si huit des onze secteurs ont terminé le trimestre en hausse, la composition du rendement a été très concentrée.
Les secteurs liés aux ressources, qui avaient soutenu le marché au premier trimestre, ont redonné une partie de leurs gains. Les matériaux ont reculé de 12 % avec la modération du prix de l’or, tandis que l’énergie a perdu 5 % dans un contexte de baisse des prix du pétrole et que les primes de risque géopolitique se sont atténuées avec les signes de désescalade entourant l’Iran. Dans l’ensemble, les rendements de l’indice ont été solides, mais le trimestre a surtout été marqué par une rotation marquée vers les banques et un recul relatif des secteurs liés aux matières premières, qui avaient dominé plus tôt dans l’année.
Actions américaines
Le contexte macroéconomique était semblable aux États-Unis, mais le trimestre a surtout été dominé par les semi-conducteurs, qui ont progressé de plus de 50 % et contribué à plus de la moitié du rendement de l’indice. Dans l’ensemble, le S&P 500 a terminé le trimestre en hausse de 15,2 % en dollars américains et de 17,1 % en dollars canadiens, alors que le dollar américain s’est apprécié pendant la période. Le rendement sectoriel reflète cette dynamique. La technologie, en hausse de 32 %, a été le seul secteur à surpasser l’indice.
À l’autre extrême, l’énergie a rapidement redonné une partie de ses gains, tandis que les secteurs plus défensifs, comme les services publics (-1 %) et la consommation de produits de base (0 %), ont aussi tiré de l’arrière.
Actions internationales
Les actions internationales ont suivi une trajectoire semblable, elles aussi fortement influencées par les semi-conducteurs. Ce groupe a presque doublé au cours du trimestre et a représenté environ 40 % du rendement de l’indice. Dans l’ensemble, les actions internationales ont progressé de 12,0 % en dollars canadiens, avec un léger effet positif des mouvements de devises. La technologie a été de loin le secteur le plus performant à l’international, avec un gain de 57 %. Les services financiers ont également continué de bien faire, avec une hausse de 16 %, soutenus par la vigueur des banques. À l’inverse, l’énergie (-16 %) et les secteurs plus défensifs, comme les services de communication (0 %), les services publics (3 %), les soins de santé (4 %) et la consommation de produits de base (7 %), ont nettement sous-performé.
Concentration du marché
Au-delà des rendements affichés par les indices, la concentration du marché demeure un élément important à surveiller.
Une part importante des rendements récents a été générée par un nombre limité de sociétés et de thèmes, surtout ceux liés à l’intelligence artificielle. Nous croyons que l’IA créera une valeur réelle à long terme, mais nous ne croyons pas que cette occasion se limite aux entreprises qui en ont le plus profité jusqu’à maintenant. Nous ne croyons pas non plus qu’il soit prudent de payer n’importe quel prix pour les titres les plus populaires du moment.
Aux États-Unis comme au Canada, les grands indices boursiers sont devenus plus concentrés et, dans certains secteurs, plus chers qu’ils ne le semblent à première vue. Nos portefeuilles sont donc positionnés différemment des indices de référence. Ce positionnement a pesé sur le rendement relatif récemment, mais il reflète un choix délibéré : privilégier des entreprises de qualité, dotées de flux de trésorerie durables, de bilans solides et d’un potentiel de rendement attrayant à long terme, tout en maintenant une discipline rigoureuse sur les valorisations.
Nous continuons de détenir des entreprises qui, selon nous, sont bien placées pour profiter de tendances à long terme, y compris la technologie et l’IA, mais nous demeurons sélectifs.
Les périodes où le marché est dominé par un nombre restreint de titres peuvent être frustrantes, mais elles rappellent aussi l’importance de rester disciplinés. Avec le temps, les marchés finissent généralement par revenir aux fondamentaux : la qualité des entreprises, les valorisations, la solidité des bilans et la durabilité des rendements. Lorsque cela se produit, nous croyons que nos portefeuilles demeurent bien positionnés pour protéger et faire croître le capital à long terme.
Marchés Obligataires
Le marché obligataire canadien a fait preuve d’une résilience remarquable au deuxième trimestre et a généré de solides rendements malgré un contexte encore volatil. Les obligations ont particulièrement bien réagi vers la fin juin, à la suite de l’accord entre les États-Unis et l’Iran visant la réouverture du détroit d’Ormuz, ce qui a permis la reprise des flux de pétrole à partir de points d’approvisionnement clés. Le marché canadien s’est montré plus stable que le marché des bons du Trésor américain. Cette stabilité a été soutenue par des données économiques plus solides au Canada, ainsi que par des signes de modération de l’inflation. Les rendements obligataires ont terminé le trimestre en baisse, alors que la probabilité d’un accord de paix augmentait et que les attentes d’inflation demeuraient bien ancrées.
Le marché canadien des obligations corporatives a connu une émission record au cours du trimestre. L’offre provenant d’émetteurs canadiens et étrangers, notamment les émissions « Maple », a dépassé 52 milliards de dollars canadiens, soit environ le double du volume de l’an dernier. Les émissions de grande taille dans le secteur technologique américain ont été particulièrement notables, dont 8,5 milliards de dollars canadiens par Alphabet et 14 milliards de dollars canadiens par Amazon. Malgré cette forte augmentation de l’offre, les écarts de crédit corporatifs se sont resserrés et ont terminé le trimestre près des niveaux historiquement serrés observés en janvier.
Les marchés canadiens et américains suivent des trajectoires divergentes
La volatilité du marché obligataire a aussi été alimentée par le marché des bons du Trésor américain. La première réunion de la Réserve fédérale sous la direction du nouveau président, Kevin Warsh, a surpris les marchés par son ton plus restrictif. En juin, le FOMC a relevé ses prévisions d’inflation au-dessus de la cible, à 3,3 % pour l’indice des dépenses personnelles de consommation de base. En conséquence, le marché américain est passé d’un scénario de baisses de taux à l’anticipation d’au moins une hausse complète d’ici la fin de l’année. Cette révision des attentes a fait grimper de près de 40 points de base la portion de deux à sept ans de la courbe des taux américaine au cours du trimestre.
Au Canada, les données économiques se sont améliorées alors que les programmes budgétaires expansionnistes et les dépenses liées aux grands projets d’infrastructure ont commencé à soutenir l’activité. Ces initiatives ont aidé à compenser l’incertitude entourant la renégociation de l’ACEUM et le frein que cette incertitude avait exercé sur l’investissement au cours des trimestres précédents. La croissance canadienne a fortement rebondi en avril, avec une progression de 0,5 %. La croissance du deuxième trimestre est maintenant estimée à environ 2 % sur une base annualisée, comparativement à une croissance presque nulle au premier trimestre. Les fondamentaux économiques se sont donc améliorés, appuyés également par un surplus commercial de 2,72 milliards de dollars en avril. Le marché du travail a aussi montré des signes d’amélioration, le taux de chômage ayant reculé à 6,6 % en mai. La croissance salariale mensuelle, à 3,2 %, demeure persistante, mais elle se rapproche graduellement des niveaux observés avant la pandémie, ce qui suggère un marché du travail plus équilibré.
Les banques centrales maintiennent le statu quo
Malgré l’ampleur de la perturbation de l’approvisionnement mondial en énergie liée à la fermeture du détroit d’Ormuz, les prix du pétrole sont demeurés relativement stables à l’intérieur d’une fourchette définie et sont finalement revenus à leurs niveaux d’avant le conflit. Les efforts diplomatiques américains, la reprise intermittente du transport par navires dans le détroit et certaines ententes d’approvisionnement ponctuelles ont contribué à limiter la pression sur les prix. Au Canada, l’inflation globale a augmenté à 3,2 % sur un an en mai, comparativement à 2,8 % précédemment. L’inflation médiane de base est toutefois demeurée stable à 2,1 %. Aux États-Unis, l’indice des dépenses personnelles de consommation a augmenté à 4,1 %, contre 3,8 %, tandis que l’indice de base est passé de 3,3 % à 3,4 %. Comme la hausse des prix de l’énergie ne s’est pas encore pleinement répercutée dans les mesures d’inflation de base, les banques centrales ont choisi de maintenir le statu quo. Elles semblent considérer la perturbation énergétique comme un choc d’offre temporaire, ce qui leur laisse le temps d’observer l’évolution des données avant d’agir.
La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % tout au long du trimestre. À la fin de la période, le marché intégrait un peu moins qu’une hausse de 25 points de base en décembre. La Réserve fédérale américaine a également maintenu son taux directeur, dans une fourchette de 3,50 % à 3,75 %. Cela dit, après la réunion de juin, les marchés ont commencé à intégrer une possible hausse de taux, alors que le comité a relevé ses prévisions d’inflation de base à 3,3 % d’ici la fin de l’année. Pour l’instant, les données publiées ne montrent pas encore une accélération marquée de l’inflation. La hausse des prix de l’énergie pourrait toutefois exercer une certaine pression, bien que celle-ci soit partiellement compensée par des perspectives de croissance mondiale plus faibles. Le marché du travail américain est demeuré stable, avec un taux de chômage à 6,7 %, tandis que la croissance des salaires a montré des signes de réaccélération.
Les rendements obligataires canadiens ont terminé le trimestre en baisse sur l’ensemble de la courbe. Le rendement des obligations du gouvernement du Canada à deux ans a reculé de 8 points de base pour s’établir à 2,74 %, tandis que celui des obligations à cinq ans a aussi diminué de 8 points de base, pour terminer à 3,01 %. Les obligations à plus long terme ont mieux fait, alors que certains investisseurs ont profité des niveaux de rendement plus élevés pour allonger la durée de leurs portefeuilles. Le rendement à 10 ans a reculé de 9 points de base pour s’établir à 3,47 %, tandis que le rendement à 30 ans a diminué de 11,5 points de base, à 3,78 %. À l’inverse, le marché des bons du Trésor américain est demeuré plus volatil, et les rendements ont terminé le trimestre en hausse. Les mouvements les plus marqués ont été observés dans les échéances de deux et cinq ans. Le rendement à deux ans a augmenté de 38 points de base pour atteindre 4,18 %, tandis que le rendement à cinq ans a progressé de 28 points de base pour terminer à 4,23 %.
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