Pour les investisseurs, des facteurs comme les bénéfices des entreprises et les investissements liés à l’intelligence artificielle demeurent beaucoup plus influents que le parti qui contrôle le Congrès.
À première vue, les élections de mi-mandat américaines devraient avoir une incidence limitée sur les marchés financiers. Pour les investisseurs, des facteurs comme les bénéfices des entreprises et les investissements liés à l’intelligence artificielle demeurent beaucoup plus influents que le parti qui contrôle le Congrès. Les élections pourraient toutefois modifier la marge de manœuvre du président Trump et la façon dont son administration met en œuvre ses priorités.
Si les démocrates remportaient la majorité à la Chambre des représentants ou au Sénat, ils pourraient freiner l’adoption de nouvelles mesures républicaines, notamment en matière de fiscalité et de dépenses publiques. Cependant, leur capacité à renverser les politiques déjà en place demeurerait limitée puisque le président conserve son droit de veto.
Pourquoi ces élections demeurent importantes
Les résultats de ces élections pourraient aussi avoir un impact important sur le fonctionnement du gouvernement. Une majorité démocrate dans l’une ou l’autre des chambres pourrait lancer des enquêtes parlementaires, exiger la divulgation de documents ou la comparution de témoins, et ainsi soumettre davantage les décisions de l’administration à l’examen public. Le Sénat aurait également le pouvoir de bloquer certaines nominations présidentielles. Même sans adopter de nouvelles lois majeures, ces mécanismes pourraient ralentir la mise en œuvre du programme gouvernemental et forcer davantage de compromis. À l’heure actuelle, plusieurs marchés prédictifs anticipent des gains démocrates dans les deux chambres, certains allant jusqu’à envisager une « vague bleue ».
Polymarket, marché « Balance of Power: 2026 Midterms ». Prix quotidiens du 19 juillet 2025 au 21 octobre 2026. Les prix des marchés de prédiction reflètent les probabilités implicites établies par les participants et ne constituent pas une prévision de Placements Louisbourg.
Le scénario le plus probable demeure toutefois une période d’impasse législative plutôt qu’un revirement complet des politiques en vigueur. Les lois déjà adoptées, dont le One Big Beautiful Bill Act (OBBBA), resteraient en place à moins qu’un compromis réunissant l’appui des deux partis ne soit conclu.
Dans ce contexte, la différence entre une victoire démocrate dans une seule chambre ou dans les deux est relativement limitée. Le véritable contraste se situe davantage entre un gouvernement entièrement contrôlé par les républicains et un gouvernement partagé entre les deux partis. Des ententes bipartites demeureraient possibles, tandis que les politiques commerciales et certaines décisions relevant directement du pouvoir exécutif continueraient d’alimenter l’incertitude.
Au-delà de Washington : les élections des États et les centres de données
Les élections de mi-mandat ne se résument pas aux luttes partisanes à Washington. En novembre, 36 États éliront également leur gouverneur, en plus de tenir de nombreuses élections législatives et municipales.
Pour les marchés, ces scrutins pourraient avoir des répercussions particulièrement importantes sur le développement des centres de données, un secteur qui joue actuellement un rôle déterminant dans la croissance économique américaine. Les gouvernements étatiques et municipaux influencent directement l’octroi des permis de construction, les mesures fiscales incitatives, l’accès aux ressources en eau ainsi que les conditions d’approvisionnement en électricité nécessaires à ces installations.
Dans plusieurs régions, les préoccupations liées aux coûts pour les collectivités, notamment l’effet sur les factures d’électricité, ont poussé des candidats des deux partis à réclamer un encadrement plus strict du développement des centres de données. Certains vont même jusqu’à proposer des moratoires temporaires sur certains projets.
Reste à voir dans quelle mesure ces engagements seront respectés après les élections. Des exigences plus contraignantes pourraient ralentir certains projets, déplacer les investissements vers d’autres États ou encore obliger les promoteurs à assumer une plus grande part des coûts liés aux infrastructures.
Ces changements pourraient influencer le calendrier de réalisation des projets ainsi que la rentabilité des investissements dans les secteurs de la technologie, des services publics et des équipements spécialisés, même si la demande liée à l’intelligence artificielle demeure forte. À l’inverse, les centres de données déjà en opération ou bénéficiant d’un accès garanti à l’électricité pourraient voir leur position concurrentielle renforcée, puisque la création de nouvelles capacités deviendrait plus complexe. Cette situation pourrait avantager les grands fournisseurs de services infonuagiques et les entreprises de type « néonuage » qui disposent déjà des infrastructures nécessaires.
Notre perspective
Chez Louisbourg, nous ne considérons pas les résultats électoraux comme un outil permettant d’anticiper les mouvements à court terme des marchés. Une approche disciplinée consiste plutôt à analyser l’évolution de la situation au fur et à mesure qu’elle se précise et à ajuster les portefeuilles seulement lorsque les changements de politiques ont une incidence réelle sur les bénéfices des entreprises, les évaluations boursières ou les risques de placement.
Les présents articles sont uniquement publiés à titre informatif. Ils ne doivent pas être interprétés comme conseils juridiques, comptables, fiscaux ou financiers. Pour toute question complexe, vous devriez toujours demander l’aide d’un professionnel. Toute opinion exprimée est personnelle et ne représente pas forcément celles de Placements Louisbourg.